Le Portugal est une terre d'explorateurs et d'immigrations. Un lieu emblématique donc pour se confronter à la question de l'émigration, un défi qui concerne aujourd'hui tout notre contexte européen.
« De quelle façon l'émigration change le visage de nos églises », sur ce thème, du 13 au 16 septembre à Lisbonne, une trentaine de représentants des Eglises européennes se sont confrontés dans le cadre d'une rencontre organisée par la Conférence des Eglises protestantes des Pays latins d'Europe (Cepple), de l'Eglise réformée de France (Erf) et de l'Eglise de la Rhénanie (Ekir). Une délégation de l'église évangélique grecque était présente comme observatrice. Partant des situations locales les représentants ont relaté et discuté divers points, animés par quelques introductions de caractère politique, sociologique et théologique.
Pour la parlementaire suisse Ruth-Gaby Vermont-Mangold, du conseil d'Europe, les Eglises peuvent remplir un rôle fondamental de pression et de vigilance sur les institutions politiques par rapport aux droits inaliénables qui appartiennent à tout être humain. Son observation qui est peut-être plus discutable, du moins dans notre contexte italien, est que cet engagement légitime pour les églises - dans la demande de lois respectueuses ou en étant stimulations par rapport à l'indifférence des institutions - puisse se traduire en une sorte de lobby.
L'exportation de la « marchandise humaine » sans droits ni au départ ni à l'arrivée, en particulier pour des catégories plus défavorisées comme les femmes et les enfants, implique une nouvelle civilité du droit capable de s'opposer à une vision du monde fondée uniquement sur la loi du profit. « Soyez pourtant certains - a rappelé la parlementaire – que quand on s'occupe de ces choses cela agace toujours. »
Un apport sociologique a été donné par Joël Le Billan, de la Commission des Eglises pour les immigrés en Europe, lequel, à travers de nombreux points critiques, s'est arrêté un instant en particulier sur la situation française prenant en considération certaines conséquences de l'émigration, vécues et subies comme sentiment de culpabilité par rapport au passé colonial.
Pour le théologien Ermanno Genre, la question des frontières interroge l'universalité de l'église, tandis que l'exigence de justice ne peut que nous pousser vers l'autre.
L'accueil est dépassement de l'identité caractérisée par le sang et par la terre qui produisent fermeture et racisme. Ermanno Genre a insisté particulièrement sur le rapport entre biographie et liturgie, qui dans le culte recompose une nouvelle identité faisant référence à notre expérience italienne : « Etre église ensemble », la formation théologique des pasteurs, les thèmes éthiques et l'espace dédié aux enfants dans les Eglises. Les relations et autres contributions des délégations pourront se trouver dès que possible sur le site de la Cepple http:// www.cepple.eu. Nous avons également parlé du site dans la réunion de l'équipe. Il peut garantir la continuité entre les diverses assemblées de la Cepple, qui ont précédé la rencontre. Un bulletin est en préparation avec un profil historique accompagné de divers documents d'intérêts particuliers qui regardent les Eglises qui adhèrent à la Cepple.
En outre la réflexion s'est poursuivie sur la question de la latinité par rapport au Protestantisme. Le président de l'Eglise presbytérienne du Portugal a fait référence au chemin qui portera en 2010 à l'intégration avec l'Eglise méthodiste , tandis que les délégations suisses et françaises ont informé des prochaines initiatives qui auront lieu et qui rappelleront la naissance du réformateur Jean Calvin.
En dernier point signalons la contribution de la Cepple pour encourager la traduction d'un DVD, Bible et œuvre d'art en comparaison, dirigé par le service Meromedia, envoyé ces jours-ci aux pasteurs des églises baptistes, méthodistes et vaudoises. Douze textes bibliques sont juxtaposés à des œuvres d'art réalisées par des artistes appartenants à des confessions diverses.
Un outil qui pourra être utilisé pour la catéchèse et pour les études bibliques dans nos églises !
Italo Pons